Eros Thérapie

Après un film policier où l’héroïne était jouée par Catherine Frot, actrice que j’aime bien, c’est un autre film avec cette actrice que nous avons regardé, Eros Thérapie. Le film est découpé en deux actes, Eros et Thanatos. Des termes grecs, opposés ; une forte connotation psychologique (et psychanalytique, vous remarquerez d’ailleurs dans les photographies ci-dessous le divan sur lequel est allongée Catherine Frot – Agnès, élément visuel parmi d’autres références à la psychanalyse égrenées dans le scénario), pour deux pendants du film, un plus léger que l’autre : une oscillation entre la comédie et le drame, avec une happy end, quoique… certains points sont à soulever quant à cette fin.

Agnès vit avec Catherine, lesbienne, après avoir mis un terme à sa relation avec Adam. Mais Adam ne s’avoue pas vaincu : feignant l’amnésie et un travail de mémoire nécessaire recommandé par un neurologue, il renonce à vivre chez sa mère, qui a quitté l’appartement qu’elle possédait pour vivre en maison de retraite, et s’installe tout près du lieu où les souvenirs doivent affluer, sa propre maison, en s’installant dans le garage dépourvu du moindre confort. Lors d’une soirée, il rencontre Bruno qui se fait mettre à la porte de chez lui. Adam l’héberge dans son garage pour une nuit, transgression aux règles fixées par Catherine.

C’est le début de la rébellion, les intrusions dans la maison qui lui est normalement fermée, l’idée de reconquérir sa place, de chasser et de punir Catherine. Bruno qui habite ensuite l’appartement vacant d’Adam insuffle un projet et se met à l’exécuter, au-delà de ce qu’Adam aurait pu imaginer. Car Bruno n’a pas un travail comme les autres, il est assistant d’une dominatrice professionnelle, aidé par une psychothérapeute qui fait passer un premier entretien où le fantasme doit se révéler, se réaliser, pour contrer les effets négatifs de son rejet ultérieur. Dans ces lieux peuvent se croiser un sénateur-soubrette et d’autres hommes en mal d’humiliations et de punitions.

Ce film propose une vision du couple comme un mouvement perpétuel d’attrait, de possessivité et de destruction, selon les paroles mêmes d’Agnès. C’est un film mettant en scène la bisexualité d’un personnage, le rejet maternel de l’homosexualité pour Catherine, la croyance selon laquelle une lesbienne pourrait se « convertir »… ce qui arrive en fin de film, d’où ma réticence quant à la fin du scénario, de même le couple féminin Agnès-Catherine cède le pas à un couple hétérosexuel donc « normal »  composé d’Agnès et de son mari Adam, avec l’incursion d’une femme de passage qui sert un verre d’alcool au mari…

Hum, j’ai vraiment un peu de mal avec la fin, avec cet hypothétique trio où le mari ne participerait probablement pas aux ébats féminins, mais serait présent, tout de même, épiant un baiser, accordant sa bénédiction. Une amie de Catherine l’avait dit un peu plus tôt dans le film : les femmes bisexuelles posent problème parce que le mari est souvent proche, voyeur caché. Un cliché ? Une réalité ? Le film apporte sa réponse avec cette dernière scène où l’homme n’est pas loin…

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Eros Thérapie est un film de Danièle Dubroux sorti en 2004. Vous pouvez le trouver en DVD pour un prix modique.

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Synopsis :

Une fille de bonne famille bisexuelle en ménage avec une jeune critique de cinéma, un mari maso relégué au garage qui espère reconquérir sa femme, un jeune homme fougueux que les situations tordues excitent un peu trop…

Une mystérieuse maison close vient d’ouvrir et propose des traitements de choc, menés par des dominatrices, « pour soulager tous les problèmes de libido ». Les voilà bientôt tous embarqués dans une thérapie intensive qui va les mener au bout d’eux-mêmes.