Sous les caresses du martinet, Jacques Biederer

Ce tout petit film, Sous les caresses du martinet, date de 1930. Il est dans le domaine public. C’est par un lien donné sur facebook que j’ai pu regarder ces deux minutes et quelques secondes où une femme donne des coups de martinet à une autre qui en rit, fait mine de se sauver, se roule et se protège ou se roule et se livre davantage ainsi en exposant d’autres parties de son corps.

Après recherche à partir du nom du réalisateur, Jacques Biederer des studios Ostria, on trouve des galeries de photographies (ici : http://www.erotomane.org/vintage-erotica/artist/jacques-biederer/430/ ou ici : http://www.archivesderos.com/site/sscat2.php?id=76&themebase=1&sstheme=28) et surtout plusieurs sites en anglais, alors même que les films portent originairement un titre en français.

C’est vers un de ces sites en anglais que je vous oriente afin de visionner la vidéo, Sous les caresses du martinet : http://archive.org/details/Rare1930sFrenchFetishStagFilm2SmWithASmile court métrage qui, comme l’indique la notice, est bien loin des stéréotypes du genre SM


Eros Thérapie

Après un film policier où l’héroïne était jouée par Catherine Frot, actrice que j’aime bien, c’est un autre film avec cette actrice que nous avons regardé, Eros Thérapie. Le film est découpé en deux actes, Eros et Thanatos. Des termes grecs, opposés ; une forte connotation psychologique (et psychanalytique, vous remarquerez d’ailleurs dans les photographies ci-dessous le divan sur lequel est allongée Catherine Frot – Agnès, élément visuel parmi d’autres références à la psychanalyse égrenées dans le scénario), pour deux pendants du film, un plus léger que l’autre : une oscillation entre la comédie et le drame, avec une happy end, quoique… certains points sont à soulever quant à cette fin.

Agnès vit avec Catherine, lesbienne, après avoir mis un terme à sa relation avec Adam. Mais Adam ne s’avoue pas vaincu : feignant l’amnésie et un travail de mémoire nécessaire recommandé par un neurologue, il renonce à vivre chez sa mère, qui a quitté l’appartement qu’elle possédait pour vivre en maison de retraite, et s’installe tout près du lieu où les souvenirs doivent affluer, sa propre maison, en s’installant dans le garage dépourvu du moindre confort. Lors d’une soirée, il rencontre Bruno qui se fait mettre à la porte de chez lui. Adam l’héberge dans son garage pour une nuit, transgression aux règles fixées par Catherine.

C’est le début de la rébellion, les intrusions dans la maison qui lui est normalement fermée, l’idée de reconquérir sa place, de chasser et de punir Catherine. Bruno qui habite ensuite l’appartement vacant d’Adam insuffle un projet et se met à l’exécuter, au-delà de ce qu’Adam aurait pu imaginer. Car Bruno n’a pas un travail comme les autres, il est assistant d’une dominatrice professionnelle, aidé par une psychothérapeute qui fait passer un premier entretien où le fantasme doit se révéler, se réaliser, pour contrer les effets négatifs de son rejet ultérieur. Dans ces lieux peuvent se croiser un sénateur-soubrette et d’autres hommes en mal d’humiliations et de punitions.

Ce film propose une vision du couple comme un mouvement perpétuel d’attrait, de possessivité et de destruction, selon les paroles mêmes d’Agnès. C’est un film mettant en scène la bisexualité d’un personnage, le rejet maternel de l’homosexualité pour Catherine, la croyance selon laquelle une lesbienne pourrait se « convertir »… ce qui arrive en fin de film, d’où ma réticence quant à la fin du scénario, de même le couple féminin Agnès-Catherine cède le pas à un couple hétérosexuel donc « normal »  composé d’Agnès et de son mari Adam, avec l’incursion d’une femme de passage qui sert un verre d’alcool au mari…

Hum, j’ai vraiment un peu de mal avec la fin, avec cet hypothétique trio où le mari ne participerait probablement pas aux ébats féminins, mais serait présent, tout de même, épiant un baiser, accordant sa bénédiction. Une amie de Catherine l’avait dit un peu plus tôt dans le film : les femmes bisexuelles posent problème parce que le mari est souvent proche, voyeur caché. Un cliché ? Une réalité ? Le film apporte sa réponse avec cette dernière scène où l’homme n’est pas loin…

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Eros Thérapie est un film de Danièle Dubroux sorti en 2004. Vous pouvez le trouver en DVD pour un prix modique.

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Synopsis :

Une fille de bonne famille bisexuelle en ménage avec une jeune critique de cinéma, un mari maso relégué au garage qui espère reconquérir sa femme, un jeune homme fougueux que les situations tordues excitent un peu trop…

Une mystérieuse maison close vient d’ouvrir et propose des traitements de choc, menés par des dominatrices, « pour soulager tous les problèmes de libido ». Les voilà bientôt tous embarqués dans une thérapie intensive qui va les mener au bout d’eux-mêmes.


The elegant spanking

Pourquoi celui-là ? pour le thème de la fessée, pour le fait que Maria Beatty apparaît dans son propre film où elle joue le rôle de la servante Kitty, parce qu’il s’agit d’un film ancien (de 1995), parce que The elegant spanking marquait le début de la carrière de Maria Beatty, et parce que j’en avais vu quelques images dans le reportage consacré à Maria Beatty dans « Autour de minuit ».
On retrouve ce film en vente en dvd sous le titre Fetish films volume 1 qui comprend également The black glove. La série des « fetish films » comprend à présent trois volumes.

The elegant spanking met en scène deux femmes, la maîtresse, élégante, maniérée, qui porte avec grâce collier de perles, lingerie et chaussures et sa servante dévouée, en adoration devant elle, recueillant son urine, adorant ses pieds. Pour avoir commis une faute, la servante se fait fesser, mais la fessée la porte au comble du désir.

S’y trouvent des scènes d’effeuillage et d’habillement, de masturbation, d’adoration des pieds et des chaussures, une fessée cuisante, fétichisme de la lingerie, fétichisme des pieds, urophilie, et bien entendu un rapport constant de domination/soumission.

Le film de trente minutes environ est muet et entièrement en noir et blanc. Une musique ou plutôt des sons musicaux nous parviennent mais les paroles sont écrites en anglais sur un écran noir. Ces paroles ou pensées sont rares. Le film s’en passe facilement par son expressivité.


Lust

Lust, film de Maria Beatty, dure une trentaine de minutes uniquement et met en scène deux femmes dans un décor rouge primaire (du moins apparaissait-il ainsi sur mon écran alors que sur la photographie que vous voyez à côté le rouge est plus foncé) sur lequel se fond par moments la robe d’une des deux femmes, celle qui est position dominante. L’autre femme voilée de vert est sortie d’une cage et se prête aux jeux de la femme dominante. Si j’insiste sur les couleurs, c’est que celles-ci sont assez criardes et ce décor rouge me semble propre à mettre mal à l’aise. Le tissu vert de la femme soumise tombe et celle-ci reste nue par la suite, accentuant la différence entre celle qui dirige et elle-même.

Que se passe-t-il dans ce film ? quelques paroles sont murmurées, et ces mêmes paroles apparaissent à l’écran, nous les entendons, nous les lisons. Une femme joue avec une autre, l’autre « est jouée ». Des images se superposent parfois et rendent notre vision confuse. C’est un film qui s’oriente vers un travail sur l’image au détriment d’une trame narrative, qui s’apparente davantage à une expérimentation cinématographique, un film d’art et d’essai. C’est étrange, déroutant et… ennuyeux aussi, parce qu’une demie-heure paraît longue ainsi. Mais d’un ennui curieux, car je n’ai pas souhaité interrompre le film ni le regarder en avance rapide. Preuve qu’il exerce tout de même une fascination.

Lust est donc un film de Maria Beatty (dont je vous ai parlé ICI), le premier que nous voyons mais pas le dernier car l’univers de cette réalisatrice m’interpelle. A suivre pour de prochains billets de ce blog ![Pour voir plusieurs images du film, rendez-vous sur cette page de Blue productions]


A propos de la réalisatrice Maria Beatty

Maria Beatty est une réalisatrice new-yorkaise, qui à travers Bleu productions, produit des films érotiques esthétiques, axés sur le fétichisme, les relations bdsm, les femmes.

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Extraits d’une interview réalisée le 24/07/2002 pour http://www.lesinrocks.com/ (Texte intégral ICI)

« Les pratiques SM sont très théâtrales, très ritualisées. Ça m’a paru logique d’en faire des films. Mais des films très personnels qui correspondent à ma manière d’envisager ce type de relations sexuelles. A l’époque, j’avais une relation avec Rosemary Delain : dans nos jeux érotiques, elle était ma maîtresse, et moi, sa soumise. De fil en aiguille, nous en avons fait un film, The Elegant Spanking (« La Fessée élégante »), en 1995 : elle y joue une maîtresse de maison et moi sa soubrette. C’était une suite naturelle à ce que nous vivions, et, en même temps, j’avais conscience du challenge d’un tel film : être une femme réalisatrice, c’est être minoritaire dans la production pornographique. Alors, une femme qui filme du porno SM lesbien fétichiste, c’est carrément un défi ! Mais c’est tellement excitant d’explorer un territoire qui n’a presque jamais été filmé avant. »

« Je sais que du point de vue de l’industrie pornographique, j’appartiens à une niche très précise : le SM lesbien fétichiste, une sous-sous-sous-catégorie ! J’ai créé mon propre genre : l’érotique noir. C’est très pur, d’une certaine façon, parce que je ne fais aucun compromis commercial. Dans mes films, on retrouve tous mes fantasmes (la relation SM, les trips uro, les fessées, les fleurs, le bondage, les talons aiguilles, les pubis rasés…) et la façon dont je tiens à les filmer (lumières, couleurs, musique, muet, cartons, durée, montage, etc.). »

 

Extraits d’un article publié le 22 Juin 2010 sur http://www.rewmi.com/  (Texte intégral ICI)

« Il y avait toutes ces femmes qui utilisaient leur corps dans des performances artistiques avec un message social et politique. Ces femmes m’ont inspirée. Ça a été la clé qui a ouvert la porte, qui m’a fait passer devant la caméra pour explorer mes zones d’ombre. Comme une boite de Pandore qui, une fois ouverte, m’a menée vers une exploration de l’érotisme lesbien et SM. »

« Je préfère révéler les choses de façon mystérieuse, explique la réalisatrice. On n’a pas besoin à tout prix du grand final. C’est l’entre-deux, la montée de la tension qui m’intéressent. »

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Mieux valait laisser parler Maria Beatty, que vous la lisiez après que je l’ai lue, plutôt que de me contenter de recopier les très pauvres lignes de Wikipédia en français la concernant. Le personnage qui transparaît à partir de ses mots est fascinant…

Si ces quelques mots vous ont donné envie d’en découvrir davantage, vous pourrez regarder avec profit sur dailymotion l’extrait de l’émission En attendant minuit consacrée à Maria Beatty.

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J’ai croisé à nouveau le nom de Maria Beatty dans le livre Fausse route d’E. Badinter. Ce n’était pas la première fois,  donc, mais je n’avais pas encore eu la curiosité de m’intéresser à son travail.

Mon mari, sans savoir que je venais de lire à nouveau son nom, commençait lui aussi à s’intéresser à Maria Beatty. Ces extraits d’interview et d’article sont issus de ses recherches sur le net. De même qu’il a cherché les titres des films, des renseignements sur ceux-ci. C’est grâce à son intérêt que je me suis aussi penchée sur ce qu’avait créé Maria Beatty.

Nous avons ainsi regardé hier un premier film, Lust (traduction : Luxure)… mais ceci fera l’objet d’un prochain billet de ce blog. Et puis nous en regarderons d’autres.