Contes immoraux, film de Walerian Borowczyk

Ensemble de quatre courts métrages de Walerian Borowczyk (1974) introduits par une citation de La Rochefoucault (« L’amour, tout agréable qu’il est, plaît encore plus par les manières dont il se montre que par lui-même. »), ces Contes immoraux, débutent par une scène qui se joue au XXe siècle, pour reculer ensuite dans le temps, jusqu’aux Borgia, avec une halte au XIXe siècle puis une dans la Hongrie du début XVIIe.

Chaque histoire est introduite par son titre et une phrase, sur fond noir.

La Marée, tout d’abord, adaptation d’un texte de Mandiargues, le premier de Mascarets (rééd. chez Quarto/Gallimard sous le titre Récits érotiques et fantastiques). « Julie, ma cousine, avait seize ans, j’en avais vingt, et cette petite différence d’âge la rendait docile à mes commandements. » Les deux jeunes gens sont pris par la montée de la mer et doivent attendre une demie-heure, le temps d’une fellation. Mon passage préféré : la phrase finale prononcée par André. « Ce n’était pas pour nous amuser, c’était pour ton instruction, que nous sommes venus sur l’éboulis. Tu sauras, maintenant ce que c’est que la marée. »

Thérèse Philosophe. Une jeune fille, dévote, d’une dévotion extatique et sensuelle, se fait punir et enfermer. Entre prière et découverte d’un livre érotique, Thérèse Philosophe, elle se masturbe à l’aide des légumes qu’on lui a laissé comme nourriture.

Erzsebet Bathory. La Comtesse choisit de jeunes filles qu’elle emmène auprès d’elle. Suivent de longues scènes aux bains. Jusqu’au massacre des jeunes filles pour que la Comtesse puisse se baigner dans leur sang… Le sujet traité par Sacher Masoch a fait l’objet d’une BD de G. Pichard, La Comtesse rouge, que j’ai évoquée ici.

(D’autres photographies, nombreuses, sur cette page : http://www.clublez.com/movies/lesbian_movie_scenes/c/contes_immoraux/index.html)

Lucrezia Borgia. A la cour papale, Lucrèce fornique avec le pape, son père, et son frère, cardinal, pendant qu’un prêtre qui dénonce la vie dissolue de l’église, se fait arrêter et brûler.

L’immoralité de ces contes est souvent du au lien entretenu avec la religion. Dans le premier, à l’utilisation d’une jeune fille docile et au cynisme final. Dans le dernier, autant au caractère de la Comtesse elle-même, de la tuerie qu’elle commande, qu’à la trahison de son page.

(Plusieurs captures d’écran et un extrait de Contes immoraux à cette adresse : http://boutique.arte.tv/contesimmoraux)


Un baiser cinématographique

Dommage que le projet de la création de la revue Canicule avec son thème « le baiser » semble ne pas aboutir, car cela aurait été un très joli exemple de baiser cinématographique.

Cette semaine, je suis allée voir un film muet de 1927. Il s’agit de La Jeune Fille au carton à chapeau de Boris Barnet. Film russe, en noir et blanc bien sûr, d’une heure et demie environ. Un très joli film, d’autant plus intéressant qu’il était accompagné par un duo musicien-bonimenteur qui donnait vie aux images.

Le baiser entre Natacha, principal protagoniste, et Ilia intervient en toute fin de film. Alors non, il ne s’agit pas d’un film érotique. Même pas d’un film d’amour, même si l’amour est subtilement présent. Mais ce baiser-là est peut-être le baiser le plus mignon que j’aie vu.

Natacha et Ilia sont mariés afin qu’Ilia puisse bénéficier de la chambre alouée à Natacha. Raison pratique, bon cœur de Natacha qui ne pouvait, connaisant son état, laisser Ilia, rencontré dans le train, sans logement. A la fin du film, le divorce est demandé par Ilia. Natacha s’y refuse. Elle se pique alors malencontreusement le doigt. Ilia se précipite, porte son doigt à ses lèvres. Alors Natacha se pique volontairement la lèvre et quémande par son attitude et ses gestes. Et Ilia pose alors ses lèvres sur les siennes.


Les Dragueuses du web d’Ovidie

Les Dragueuses du web est un film réalisé par Ovidie en 2008 pour FrenchLoverTv. Quatre femmes utilisent Internet pour draguer : la première avoue chercher une relation stable mais se fait berner à chaque fois, la deuxième cherche du sexe immédiat et a ce qu’elle souhaite, la troisième est une artiste qui souhaite trouver un modèle masculin et le recrute via le net sur le conseil de la seconde (mais l’homme un peu idiot n’a pas compris qu’il s’agissait de poser), la quatrième a eu une relation saphique avec la première et lui raconte sa dernière aventure avec deux hommes trouvés également sur Internet.

Internet est un prétexte aux rencontres, qui sont toutes sexuelles bien entendu. Un 69 ou une sodomie au premier rendez-vous semble ne poser de problème à personne.

Si je tenais à évoquer ce film, c’est surtout pour sa fin inhabituelle. Une relation entre femmes dans un film destiné à un public hétérosexuel est courant. C’est presque un passage obligé. Par contre, une relation entre hommes est inattendue.
La quatrième femme invite donc chez elle deux hommes. Pendant qu’elle s’affaire à la cuisine, ceux-ci se rapprochent, évoquent des souvenirs communs car ils découvrent qu’ils ont faire leur service militaire ensemble. Lorsque la femme réapparaît, un homme fait une fellation à l’autre et la femme demande si elle peut les rejoindre. C’est donc une partie à trois qui nous est donné de voir, avec deux hommes qui ne prennent pas la femme en sandwich, mais qui se masturbent et se sucent entre eux tout en s’occupant de la femme et réciproquement.

Les Dragueuses du web dure une heure, il s’agit bien sûr d’un film pornographique destiné aux adultes.
Le film est visible en vod (ici notamment).


Sexe et petits tracas

Il s’agit explicitement de la suite du film Histoires de sexe(s) : deux personnages du précédent film se retrouvent en effet pour évoquer la suite de leurs aventures sexuelles et font référence aux scènes passées. L’un a quitté sa maîtresse et trouve le bonheur sexuel avec sa femme, l’autre « n’est pas dans la merde » parce qu’il n’aime pas sa copine pourtant folle de lui (et lui propose un plan à trois pour tester ses limites), a « des sentiments » pour la mère de celle-ci et quelques autres imbroglios…

Si la qualité du premier film, Histoires de sexe(s), était à mettre en avant, j’ai bien plus de réserves quant à ce Sexe et petits tracas : les dialogues sont quasi inexistants, les scènes de sexe sont considérablement allongées et je me suis ennuyée. Les enjeux étaient autres, donc. Sexe et petits tracas est un film pornographique, destiné exclusivement aux plus de 18 ans. Sa réalisation est le fait de Jack Tyler, qui avait précédemment œuvré avec Ovidie pour Histoires de sexe(s), pour la chaîne FrenchLover TV. Un film qui a bien moins d’ambition mais qui tout de même, pour un film pornographique, peut présenter quelques intérêts : présence de préservatifs, gros plans non systématiques (et donc un cadrage parfois plus large), expressions du visage qui sont parfois intéressantes à regarder.

Sexe et petits tracas dure 70 minutes et se trouve facilement en VOD.


Histoires de sexe(s)

Le film a beaucoup fait parler de lui de fait de sa classification « X ». En réalité, Histoires de sexe(s) ne se range pas facilement dans une case : c’est une comédie, un drame par certains aspects, un film en partie pornographique, un film de mœurs, des questions sur la sexualité, sur le couple, sur la communication dans le couple, sur l’infidélité, sur l’amour, sur la jouissance, sur l’hétéro et l’homosexualité, sur la différence d’âge, sur ce qui relie les êtres ou les sépare, sur les idées préconçues sur la sexualité et leur diffusion à travers des articles de magazine ou des paroles « on raconte que », « il paraît que… ».
Chacun a son mot à dire, homme comme femme, chacun a ses croyances, ses désirs, ses difficultés, qu’il en soit conscient ou pas.
Ce sont des histoires, pas toujours glorieuses, celles de chacun, sur le sexe en général sur surtout sa sexualité en particulier, d’où le « s » final à prendre en compte ou à laisser.
Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Deux réunions parallèles d’amis où l’on parle bien entendu familièrement de cul et de tout ce qui va avec, de tout ce qui tourne autour. Les personnages sont fragiles, mentent aux autres, à leurs amis, à leur compagne ou compagnon, révèlent des doutes, des envies. Et les expériences sexuelles racontées s’intercalent en courtes séquences.
Où l’on voit un essai de sodomie ratée, des scènes de sexe qui se ressemblent trop même lorsque l’on change de partenaire, où l’on voit le plaisir de chacun, où l’on voit le plaisir d’un seul… Il y a des réussites et des échecs, des corps jeunes ou moins, un cunnilingus un peu bâclé, un homme légèrement bedonnant, des scènes de tendresse ou de sexe sauvage. La diversité est le maître-mot de ce film. Ce sont des histoires variées de sexualités variées.

Un film que je recommande vivement, parce qu’il change de ce que l’on peut voir habituellement. Bande-annonce, extraits, casting, etc. sur http://www.histoiresdesexes-lefilm.com

Histoires de sexe(s), un film d’Ovidie et de Jack Tyler (à voir en Vod sur http://www.histoiresdesexes-lefilm.com/vod.php )


Gorge Profonde – Deep Throat

S’il y a un film pornographique dont tout le monde connaît le titre, ce serait Deep Throat (Gorge profonde) sans doute. Je ne l’avais pourtant jamais vu encore, sauf des extraits dans L’âge d’or du X. J’ai donc remédié à cette lacune.

Deep Throat (Gorge profonde) est un film comique, avec un personnage loufoque (le docteur Young). Ce qui ne l’empêche pas d’être aussi un film pornographique. Toutes ces scènes de fellation (entre autres) sont enrubannées autour d’une histoire :

Linda Lovelace vit confortablement avec une amie. Elle sont oisives et consacrent beaucoup de leur temps au sexe. Mais Linda en a assez de cette vie car elle ne ressent que des frissons, pas de cloches qui tintent, pas de fusée qui décolle, pas de feu d’artifice. En d’autres termes, elle ne jouit pas. Aux grands maux les grands remèdes et après des essais infructueux avec des hommes qui s’enchaînent à son chevet et sur le lit, Linda se rend chez le Dr qui l’examine et découvre que son clitoris n’est pas placé au bon endroit. En effet, celui-ci se dissimule au fond de sa gorge. Linda pleure et répond, au Dr qui essaie de la consoler, qu’elle aimerait bien savoir ce qu’il dirait s’il apprenait qu’il avait sa bite dans l’oreille.

Mais à chaque problème sa solution : la gorge profonde est le remède. Linda essaie de suite avec le Dr et entend les cloches tinter, le feu d’artifice et même la fusée. Enthousiaste, elle veut épouser le Dr mais celui-ci lui propose plutôt de devenir thérapeute et de se charger de ses patients qui ont des blocages sexuels.

Linda enfile son costume blanc et rend visite à des patients pour des thérapies particulières. Son dernier patient est un homme amoureux de Linda qui n’a que 10 centimètres à lui consacrer pour lequel une prothèse en silicone s’avère nécessaire au bonheur de sa thérapeute. Nouveaux tintements des cloches, tout est bien qui finit bien. Le film se termine donc en souhaitant à chacun des gorges profondes.

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Gorge profonde de Gérard Damiano est un film de 1972. Il est daté de part ses voitures anciennes, ses vieux téléphones, les vêtements portés, mais aussi les poils des personnages. Car si Linda se rase le sexe (et c’est une scène du film à part entière, le rasage n’étant donc pas une pratique courante, le film ne néglige pas de le montrer), son amie est touffue. Chez les hommes, poils ou pas se mélangent, mais la présence de poils domine.

Gorge profonde a pour intérêt de mettre en première ligne un personnage féminin, Linda, et sa recherche du plaisir. La fellation n’est dans ce sens pas là pour satisfaire son partenaire mais pour lui procurer, à elle, un orgasme. Ce point de vue diverge beaucoup des films pornographiques produits à la pelle où la femme est là pour vider les couilles des messieurs.

Cette mise en avant du plaisir féminin est présente dès les premières scènes où l’on découvre l’amie de Linda, assise en hauteur, jambes écartées, se faisant prodiguer un cunnilingus tout en fumant une cigarette. La femme a le tact de demander si la fumée ne gêne pas l’homme pendant qu’il mange (beaucoup d’effets comiques sont assez grossiers comme cette question), et sitôt la réponse obtenue, replace dare-dare la tête de l’homme entre ses jambes.

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Une chronique du film à lire sur devildead. Vous y trouverez notamment une recontextualisation historique, des détails sur l’actrice Linda qui a milité contre le porno par la suite, révélant des détails peu glorieux sur son apprentissage de la gorge profonde notamment.


SM Rechter

Je lisais les pages non encore lues de Nouvelles Tentations et notamment l’article « Domination soumission sur la toile » avec la présentation de deux films, dont SM Rechterde Erik Lamens.
Adaptation d’une histoire vraie, une accusation à l’encontre d’un juge pour cause de pratique SM. Mais mieux vaut vous reporter au site de Nouvelles tentations pour y lire le synopsis, y voir la bande annonce et l’interview du réalisateur. Dans cet interview, il est notamment question de la place de la femme du juge, masochiste, considérée comme victime alors que tout découle de sa volonté… (Lire l’interview sur le webzine de cinergie.be)
Site officiel du film : http://www.smrechter.com/en/
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La vie sexuelle relève-t-elle uniquement de la vie privée lorsqu’une personne exerce une fonction où l’on attend de sa part une conduite irréprochable ? Le SM est-il à classer dans les conduites jugées inadéquates avec la magistrature ? Le SM est-il, comme le pense le procureur, à classer dans les perversions ? Peut-on entendre la voix d’une femme qui se déclare saine, car elle sait ce qu’elle veut et sait où elle veut aller, car elle choisit de souffrir, alors qu’un tribunal la considère comme victime ? La société doit-elle protéger d’elle-même une masochiste, lui interdire la liberté de disposer de son corps comme elle l’entend ? Jusqu’où est-on prêt à aller par amour, jusqu’où suivre les fantasmes de son conjoint ? Dans quelle mesure la présence d’un enfant peut-il être castrateur, quand l’enfant, même à sa majorité, considère encore que ses parents n’ont pas à avoir de vie sexuelle, parce qu’ils sont parents, et que l’amour, ce n’est pas pour les « vieux » ?

Ce sont quelques questions posées par le film. Mais ce film ne fait pas que poser des questions ou tenter d’y répondre. Il est un film d’amour, celui de Koen, juge en cour de cassation et de sa femme Magda, au chômage depuis six mois, qui devient dépressive et se fait hospitaliser le jour de leurs quinze ans de mariage. Un médecin explique alors à Koen qu’il lui faut trouver la cause de cette dépression, qu’ils forment un couple et que là où va l’un, l’autre doit le suivre. Magda souhaite divorcer car la situation ne lui convient plus, mais Koen le refuse, lui dit être prêt à faire ce qu’elle voudra. Magda montre alors son carnet de croquis : ce qu’elle veut, dit-elle, c’est être dominée et qu’il lui fasse mal. C’est son fantasme, qu’elle cache depuis de nombreuses années, parce qu’elle se juge anormale. L’un où va l’un, l’autre doit se rendre. Koen en parle avec le médecin, avec un ami et accepte. Commencent alors plusieurs années où Magda se révèle, retrouve goût à la vie, se met à peindre. Cependant des épreuves les attendent lorsqu’une enquête est menée et le juge traduit en justice…

J’évite de vous fournir trop de détails sur ce film, car il faut le voir. C’est un très beau film qui ne peut pas laisser de marbre, parce qu’il est émouvant car je le répète c’est une histoire d’amour peu commune, parce qu’il rend le spectateur anxieux : suspens ménagé, inquiétude que l’on partage, parce que certaines scènes sont éprouvantes et que voir une aiguille traverser un sein ne se fait pas sans au moins tressaillir : ce type de scènes existe dans le film et cette imprégnation me semble nécessaire, parce que le film soulève des questions, parce que le témoignage final de la femme pour l’émission de télévision est magnifique, parce que l’on se situe comme parent face à ses propres enfants, parce que le scénario est basé sur une histoire vraie, et parce que chacun trouvera ses propres raisons.

Vous pouvez lire une présentation du film sur ce blog.


Eros Thérapie

Après un film policier où l’héroïne était jouée par Catherine Frot, actrice que j’aime bien, c’est un autre film avec cette actrice que nous avons regardé, Eros Thérapie. Le film est découpé en deux actes, Eros et Thanatos. Des termes grecs, opposés ; une forte connotation psychologique (et psychanalytique, vous remarquerez d’ailleurs dans les photographies ci-dessous le divan sur lequel est allongée Catherine Frot – Agnès, élément visuel parmi d’autres références à la psychanalyse égrenées dans le scénario), pour deux pendants du film, un plus léger que l’autre : une oscillation entre la comédie et le drame, avec une happy end, quoique… certains points sont à soulever quant à cette fin.

Agnès vit avec Catherine, lesbienne, après avoir mis un terme à sa relation avec Adam. Mais Adam ne s’avoue pas vaincu : feignant l’amnésie et un travail de mémoire nécessaire recommandé par un neurologue, il renonce à vivre chez sa mère, qui a quitté l’appartement qu’elle possédait pour vivre en maison de retraite, et s’installe tout près du lieu où les souvenirs doivent affluer, sa propre maison, en s’installant dans le garage dépourvu du moindre confort. Lors d’une soirée, il rencontre Bruno qui se fait mettre à la porte de chez lui. Adam l’héberge dans son garage pour une nuit, transgression aux règles fixées par Catherine.

C’est le début de la rébellion, les intrusions dans la maison qui lui est normalement fermée, l’idée de reconquérir sa place, de chasser et de punir Catherine. Bruno qui habite ensuite l’appartement vacant d’Adam insuffle un projet et se met à l’exécuter, au-delà de ce qu’Adam aurait pu imaginer. Car Bruno n’a pas un travail comme les autres, il est assistant d’une dominatrice professionnelle, aidé par une psychothérapeute qui fait passer un premier entretien où le fantasme doit se révéler, se réaliser, pour contrer les effets négatifs de son rejet ultérieur. Dans ces lieux peuvent se croiser un sénateur-soubrette et d’autres hommes en mal d’humiliations et de punitions.

Ce film propose une vision du couple comme un mouvement perpétuel d’attrait, de possessivité et de destruction, selon les paroles mêmes d’Agnès. C’est un film mettant en scène la bisexualité d’un personnage, le rejet maternel de l’homosexualité pour Catherine, la croyance selon laquelle une lesbienne pourrait se « convertir »… ce qui arrive en fin de film, d’où ma réticence quant à la fin du scénario, de même le couple féminin Agnès-Catherine cède le pas à un couple hétérosexuel donc « normal »  composé d’Agnès et de son mari Adam, avec l’incursion d’une femme de passage qui sert un verre d’alcool au mari…

Hum, j’ai vraiment un peu de mal avec la fin, avec cet hypothétique trio où le mari ne participerait probablement pas aux ébats féminins, mais serait présent, tout de même, épiant un baiser, accordant sa bénédiction. Une amie de Catherine l’avait dit un peu plus tôt dans le film : les femmes bisexuelles posent problème parce que le mari est souvent proche, voyeur caché. Un cliché ? Une réalité ? Le film apporte sa réponse avec cette dernière scène où l’homme n’est pas loin…

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Eros Thérapie est un film de Danièle Dubroux sorti en 2004. Vous pouvez le trouver en DVD pour un prix modique.

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Synopsis :

Une fille de bonne famille bisexuelle en ménage avec une jeune critique de cinéma, un mari maso relégué au garage qui espère reconquérir sa femme, un jeune homme fougueux que les situations tordues excitent un peu trop…

Une mystérieuse maison close vient d’ouvrir et propose des traitements de choc, menés par des dominatrices, « pour soulager tous les problèmes de libido ». Les voilà bientôt tous embarqués dans une thérapie intensive qui va les mener au bout d’eux-mêmes.


The elegant spanking

Pourquoi celui-là ? pour le thème de la fessée, pour le fait que Maria Beatty apparaît dans son propre film où elle joue le rôle de la servante Kitty, parce qu’il s’agit d’un film ancien (de 1995), parce que The elegant spanking marquait le début de la carrière de Maria Beatty, et parce que j’en avais vu quelques images dans le reportage consacré à Maria Beatty dans « Autour de minuit ».
On retrouve ce film en vente en dvd sous le titre Fetish films volume 1 qui comprend également The black glove. La série des « fetish films » comprend à présent trois volumes.

The elegant spanking met en scène deux femmes, la maîtresse, élégante, maniérée, qui porte avec grâce collier de perles, lingerie et chaussures et sa servante dévouée, en adoration devant elle, recueillant son urine, adorant ses pieds. Pour avoir commis une faute, la servante se fait fesser, mais la fessée la porte au comble du désir.

S’y trouvent des scènes d’effeuillage et d’habillement, de masturbation, d’adoration des pieds et des chaussures, une fessée cuisante, fétichisme de la lingerie, fétichisme des pieds, urophilie, et bien entendu un rapport constant de domination/soumission.

Le film de trente minutes environ est muet et entièrement en noir et blanc. Une musique ou plutôt des sons musicaux nous parviennent mais les paroles sont écrites en anglais sur un écran noir. Ces paroles ou pensées sont rares. Le film s’en passe facilement par son expressivité.