Gorge Profonde – Deep Throat

S’il y a un film pornographique dont tout le monde connaît le titre, ce serait Deep Throat (Gorge profonde) sans doute. Je ne l’avais pourtant jamais vu encore, sauf des extraits dans L’âge d’or du X. J’ai donc remédié à cette lacune.

Deep Throat (Gorge profonde) est un film comique, avec un personnage loufoque (le docteur Young). Ce qui ne l’empêche pas d’être aussi un film pornographique. Toutes ces scènes de fellation (entre autres) sont enrubannées autour d’une histoire :

Linda Lovelace vit confortablement avec une amie. Elle sont oisives et consacrent beaucoup de leur temps au sexe. Mais Linda en a assez de cette vie car elle ne ressent que des frissons, pas de cloches qui tintent, pas de fusée qui décolle, pas de feu d’artifice. En d’autres termes, elle ne jouit pas. Aux grands maux les grands remèdes et après des essais infructueux avec des hommes qui s’enchaînent à son chevet et sur le lit, Linda se rend chez le Dr qui l’examine et découvre que son clitoris n’est pas placé au bon endroit. En effet, celui-ci se dissimule au fond de sa gorge. Linda pleure et répond, au Dr qui essaie de la consoler, qu’elle aimerait bien savoir ce qu’il dirait s’il apprenait qu’il avait sa bite dans l’oreille.

Mais à chaque problème sa solution : la gorge profonde est le remède. Linda essaie de suite avec le Dr et entend les cloches tinter, le feu d’artifice et même la fusée. Enthousiaste, elle veut épouser le Dr mais celui-ci lui propose plutôt de devenir thérapeute et de se charger de ses patients qui ont des blocages sexuels.

Linda enfile son costume blanc et rend visite à des patients pour des thérapies particulières. Son dernier patient est un homme amoureux de Linda qui n’a que 10 centimètres à lui consacrer pour lequel une prothèse en silicone s’avère nécessaire au bonheur de sa thérapeute. Nouveaux tintements des cloches, tout est bien qui finit bien. Le film se termine donc en souhaitant à chacun des gorges profondes.

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Gorge profonde de Gérard Damiano est un film de 1972. Il est daté de part ses voitures anciennes, ses vieux téléphones, les vêtements portés, mais aussi les poils des personnages. Car si Linda se rase le sexe (et c’est une scène du film à part entière, le rasage n’étant donc pas une pratique courante, le film ne néglige pas de le montrer), son amie est touffue. Chez les hommes, poils ou pas se mélangent, mais la présence de poils domine.

Gorge profonde a pour intérêt de mettre en première ligne un personnage féminin, Linda, et sa recherche du plaisir. La fellation n’est dans ce sens pas là pour satisfaire son partenaire mais pour lui procurer, à elle, un orgasme. Ce point de vue diverge beaucoup des films pornographiques produits à la pelle où la femme est là pour vider les couilles des messieurs.

Cette mise en avant du plaisir féminin est présente dès les premières scènes où l’on découvre l’amie de Linda, assise en hauteur, jambes écartées, se faisant prodiguer un cunnilingus tout en fumant une cigarette. La femme a le tact de demander si la fumée ne gêne pas l’homme pendant qu’il mange (beaucoup d’effets comiques sont assez grossiers comme cette question), et sitôt la réponse obtenue, replace dare-dare la tête de l’homme entre ses jambes.

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Une chronique du film à lire sur devildead. Vous y trouverez notamment une recontextualisation historique, des détails sur l’actrice Linda qui a milité contre le porno par la suite, révélant des détails peu glorieux sur son apprentissage de la gorge profonde notamment.


Room 33

L’hôtel Camper de Barcelone sert de cadre à plusieurs courts-métrages, l’un situé dans une chambre, l’autre dans la salle de conférence,…

Et parmi ceux-ci, Room 33, le nouveau court-métrage d’Erika Lust.


 

Un couple se présente à la réception de l’hôtel et prend une clé. Fantasmes des personnages, de l’homme, de la femme, de l’homme qui les regarde passer, d’autres personnes croisées le long d’un corridor ou épisodes à venir ? Des flashs mettant en scène ce couple, seul ou bien accompagné, dans la chambre, courtes visions des plaisirs à venir…

« Do not disturb » est accroché à leur porte, mais d’autres pancartes se substituent : triolisme, homme avec homme, femme avec femme, gang bang…

L’hôtel Camper devient le temps d’un court-métrage un love hôtel. Et la chambre 33 est celle de tous les plaisirs…

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Les amateurs de pornographie et de gros plans sur des sexes d’acteurs et d’actrices seront déçus par ce court-métrage car les images présentées sont très sobres. Les images sont sensuelles, laissent part à l’imagination. Ce court-métrage que l’on peut regarder sur Internet gratuitement est à mon avis une réussite érotique.

Court-métrage Room 33 d’Erika Lust sur http://lovehotel.lustfilms.com/love_hotel.html

[L’ensemble des courts-métrages avec présentation des réalisateurs est visible sur ce site.]


Green Porno

Arte avait diffusé en novembre 2009 la série de courts-métrages écrits et réalisés par Isabelle Rossellini, Green Porno, avec Isabelle Rosselini elle-même déguisée en ver de terre, araignée, mante religieuse, mouche commune, escargot…
Les courts-métrages ont été à présent rediffusés et ce n’est que maintenant que je les découvre. C’est instructif (j’ai appris que l’anus de l’escargot, une fois l’animal dans sa coquille, se situe juste au-dessus de sa tête par exemple), drôle (imaginez ce que je viens de noter juste avant mis en scène et l’expression faciale de l’actrice), piquant et assez macabre aussi : le faux-bourdon laisse son pénis dans la vagin de la future reine, comme un bouchon dans une bouteille, perd son sang et meurt et la mante religieuse mâle se fait dévorer la tête par sa partenaire et copule jusqu’à la mort qui s’ensuit.

Green porno est donc une série de courts-métrages de deux minutes chacun qui raconte comment les petites bêtes gèrent le sexe et la copulation. Et ce n’est pas triste ! Les vers de terre sont hermaphrodites et se reproduisent en trouvant un partenaire et en se positionnant en 69, les escargots sont sadomasochistes,… On risque fort de ne plus voir les petites bêtes du même œil !

 

Voici la bande annonce :
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