All ladies do it

Après avoir vu La clef, nous avons décidé de regarder d’autres films de Tinto Brass. Chose faite avant-hier soir avec All ladies do it, ou Cosi fan tutte pour son titre original italien. Ce film érotique date de 1992 et dure un peu plus d’une heure et demie.

Dans le rôle principal de Diana : Claudia Koll au fessier impressionnant. Le film est interdit aux moins de 16 ans (j’ai trouvé une indication « interdit aux moins de 18 ans » sur Internet, ce qui m’étonne un peu).

Allociné propose le synopsis suivant : « Une jeune femme qui travaille dans un magasin de lingerie fine s’invente des liaisons imaginaires afin de stimuler la libido défaillante de son mari. Elle décide néanmoins de passer à l’acte. »

Un peu court et pas tout à fait exact… Mais j’y reviendrai. Cette page d’Allociné me fournit la traduction allemande du film : eine unmoralische Frau. Mais est-elle si immorale ? Après tout, elles le font toutes, c’est le titre. La morale est peu mise en avant dans le film et même au contraire, ce qui est immoral, c’est cette jalousie stupide et improductive, mais le religieux, oui, puisque nous rencontrons à plusieurs reprises des personnages qui le représente. Le séminariste du bus bien sûr, que l’on retrouve dans la fête en fin de film, et qui explique qu’il ne peut pas écrire une thèse sur le péché s’il ignore ce que c’est, mais aussi des religieuses qui s’effarouchent et (mais je n’y ai pas prêté attention, c’est monsieur qui me l’a signalé) un évèque lors de la soirée poétique où tout débute.

Le titre m’a trompée, je m’attendais à un film sur le thème de la masturbation. Finalement, il s’agit d’un film qui questionne la fidélité, le choix d’assumer un plaisir extra-conjugal. Il s’agit aussi d’un film sur les fesses. Les premières images nous montrent Diana, assise devant un bureau : elle écrit une lettre destinée au courrier des lecteurs d’un magazine, très légèrement vêtue. Ses fesses rebondies en premier plan.

Diana imagine-t-elle uniquement ce qu’elle raconte à son mari afin de l’exciter ? Son mari le croit, mais une part de vérité existe néanmoins et la jeune femme est attirée par le jeu. Elle en rit. Lorsque Diana se retrouve seule à Venise, elle découvre la vie dissolue de sa tante. Tout est tentation : les paroles de son mari qui la mettent en garde contre l’infidélité en cas d’absence du conjoint (un magazine affiche un pourcentage qui l’effraie), le cousin qui évoque certains souvenirs, les photographies de sa tante découverte dans un tiroir, l’homme du train qui pose sa main sur sa jambe, et la proximité de l’homme rencontré lors de la soirée poétique puisqu’il habite dans cette ville. Diana modifie la donne, elle ne fait pas qu’imaginer, elle agit.
L’homme de Venise est un collectionneur d’art. Son thème de prédilection : les fesses, et celles de Diana entrent dans cette collection. Diana raconte bien entendu tout à son mari, mais celui-ci comprend alors que rien n’est inventé. Diana se défend en expliquant que ce n’était pas pareil, puisque c’était par l’autre entrée…
Scène de ménage, le mari de Diana n’accepte pas en réalité ce qu’il acceptait s’il s’agissait d’un récit fictif. La sœur de Diana essaie de le convaincre avec des arguments très personnels mais se fait repousser. Diana oscille entre deux attitudes : elle aime son mari et tient à le garder, elle ne peut empêcher certaines pulsions.

Je ne détaille pas davantage le film. Je vous invite plutôt à consulter cette page qui propose de très belles photographies extraites de All ladies do it et à lire cette présentation du film tout à fait bien écrite.

J’ai aimé le film, de même que j’avais aimé La clef. Jolie vue sur Venise depuis le balcon de l’appartement de la tante. Un peu d’humour : personnage du directeur du magasin de lingerie où travaille Diana ridiculeusement obsédé, scène de la sodomie avec l’homme de Venise où le tableau situé juste devant Diana est percé d’un coup de tête, personnages caricaturaux. Beauté de l’actrice, distinguée et chic.

 


Emmanuelle

Dans la série des films qui ont mon âge (ou même plus dans ce cas précis), nous avons regardé hier soir Emmanuelle que je n’avais encore jamais vu. J’ai pensé pendant longtemps que le film serait trop daté, qu’il nous ennuierait. Une critique lue sur fan-de-cinéma va d’ailleurs dans ce sens. Nous avions vu une bande-annonce sur le site de Canal+ qui ne nous avait pas attiré le moins du monde, il y a plusieurs mois. Nous avons tout de même fini par visionner ce fameux film.
Voici la bande annonce :
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Tout d’abord, Emmanuelle, c’est la chanson de Pierre Bachelet que mon mari adore mais qui personnellement me casse un peu les pieds. C’est aussi un livre que je n’ai pas lu. Et rien d’autre dans mon esprit hormis les résumés que j’en avais lu : une jeune femme qui rejoint son mari à Bangkok, fait l’amour dans l’avion et lèche un boxer au visage, se place comme élève d’un maître en érotisme. C’est un résumé succinct, en définitive, puisque plusieurs aspects importants sont négligés, et je pense notamment aux femmes, que ce soit la relation d’Emmanuelle avec Marie-Ange que celle, plus intense, avec la jeune archéologue Bee, qui se termine par une déception amoureuse. J’ignorais donc que les expériences sexuelles orientaient l’héroïne vers la bisexualité.La fraîcheur et la jeunesse de l’actrice m’ont aussi surprise. De même que sa plastique impeccable.J’imaginais le rôle du mari un peu plus important. Mais qu’est-il finalement ? Un être qui n’assume pas réellement ce qu’il affirme. Liberté de façade, puisque lorsqu’ Emmanuelle use de cette liberté, son mari en est affecté, du moins momentanément.

Opening and Closing theme : Image de prévisualisation YouTube

A deux reprises, un jeu est effectué sur les photographies de magazine, portraits d’un homme puis d’une femme, qui semblent regarder la scène qui se joue sous leurs yeux : celle de la masturbation de la toute jeune femme qui aime sucer des sucettes « parce que cela excite les vieux » et celle du coït du mari d’Emmanuelle avec Marie-Ange.

La bonne société de Bangkok est représentée essentiellement par des femmes oisives qui se dorent au soleil, font du squash, ou par des hommes et des femmes lors d’un cocktail. Une scène initiale du film montre la population locale qui se presse contre la voiture, un coq qu’on égorge, la mendicité. Emmanuelle ne se confronte à cette population qu’elle dénigre et qui lui fait peur que lorsque Mario, le vieil homme qui devient en fin de film son maître, l’entraîne dans une fumerie d’opium où Emmanuelle se fait violer, sur la route où un homme sorti de nulle part lui caresse les jambes, dans une salle où se déroule le combat de boxe dont Emmanuelle est le prix. Du raffinement au contact avec le menu peuple. Le cheminement d’Emmanuelle semble une descente sociale par à-coups, comme si la libération sexuelle à laquelle la jeune femme aspire, encouragée par son mari, doit se dégager du luxe ambiant. Mais par moments seulement.

Enfin, une dernière chose marquante du film est la maxime de la « loi future » de Mario où le couple serait « hors-la-loi ». Maxime qui peut avoir sa force dans les propos de Mario mais qui à être répétée par l’héroïne, perd de sa valeur.