Tous les secrets d’une sexualité épanouie – les sex-toys, mode d’emploi

Tous les secrets d’une sexualité épanouie est une collection de dvd qui comprend les titres suivants : le plaisir oral chez la femme / l’homme, l’orgasme féminin / masculin, les 100 meilleures positions, le plaisir en couple, le plaisir solitaire masculin / féminin et enfin les sextoys, dvd dont je vais vous parler puisque je l’ai visionné hier.On lit sur la jaquette, côté recto, un témoignage : « Grâce à ces jouets du plaisir je peux jouir quand je le désire. Isabelle M… Nantes ». Cette Isabelle de Nantes n’intervient pas dans le dvd, ne s’y trouve aucun témoignage. Au verso, on trouve la présentation suivante : « Trop souvent on pense que les sex-toys sont destinés aux couples désabusés. Bien au contraire les sex-toys ouvrent grands les portes de nouveaux jeux coquins, de nouvelles sensations et de nouveaux plaisirs. » Ce sont les informations que l’on trouve sur l’ensemble des sites qui proposent ce dvd à la vente, avec en plus l’information de durée : une heure.Cette présentation au dos de la jaquette m’a laissée songeuse. Tout d’abord pour l’affirmation énoncée que l’on pourrait croire les sextoys destinés aux couples désabusés. L’opinion la plus répandue, à mon humble avis, est plutôt liée à une utilisation féminine, seule, de ces produits. Du moins, quand mon mari a parlé à ses collègues de tout notre attirail, ceux-ci ouvraient des yeux ronds : « mais ta femme n’est pas seule, pourquoi utilise-t-elle des sextoys ? » Evidemment, l’adjectif qui blesse est « désabusé ». Et c’est la deuxième surprise de cette présentation. Quand le couple utilise-t-il des sextoys ? Quand il est désabusé ? Désabusé de quoi ? Décidemment, ce dvd m’intriguait…

Il a cessé de m’intriguer dès qu’on l’a mis en route. La surprise a été remplacée par de l’indignation : comment ça, il faut appeler un numéro en 08 à 1 euro et quelques l’appel, sans compter les 30 et quelques centimes la minutes pour avoir un code à quatre chiffres ??!! Hors de question, par principe. Monsieur a donc décodé tout ça pour que l’on puisse le regarder sans payer. Na !

Et là, surprise, le dvd se décompose (il y a un menu, mais nous n’y avions pas accès, nous avons donc regardé tout à la suite) en trois parties.

Seule la première partie concerne les sextoys et leur utilisation.

La deuxième partie est une succession de scénettes pornographiques : un homme effectue un cunnilingus tout en agitant son doigt dans le vagin de la dame, deux femmes se suçotent le clitoris, etc. On s’est vraiment demandé ce que faisaient ces scènes sur ce dvd. Je n’ai rien contre la pornographie, à condition que les scènes soient bien filmées, esthétiques, etc. (au pire, je m’endors devant si je m’ennuie). Dans cette deuxième partie du dvd, les scènes se succédaient rapidement, cela m’a évité de m’endormir, malgré la qualité médiocre de toute cette partie.

La troisième partie a été la plus étonnante : il s’agit d’annonces faites par des couples échangistes/mélangistes, adeptes du triolisme… Ces couples se présentent, disent qui ils recherchent, quelle tranche d’âge, quelle région, etc. avant de s’exhiber à moitié nus en montrant leurs prouesses sexuelles.

Je reviens au sujet principal du dvd et ce pour quoi nous l’avons vu : la première partie, l’utilisation des sextoys. Ce n’était pas triste, oh là là !

Sur un fond musical, un à un les sextoys étaient présentés par une photographie puis par une vidéo pour l’aspect pratique, mode d’emploi. Aucun nom de ces sextoys, jamais il n’est dit ce qu’ils sont. Ces sextoys sont tous des antiquités, produits laids, réalistes, couleur beige-chair, les vibromasseurs ne sont pas à piles mais ont tous un fil, il faut parfois pomper une petite poire pour que le gode se durcisse, les matières ne sont pas engageantes, ce n’était pas encore l’époque de Fun factory et mêmes les canards étaient encore dans leur oeuf. Mais de quand cette vidéo date-t-elle ? Impossible de trouver la date du tournage.

Le décor est inexistant. Couleurs sombres, une plante verte pour égayer, un coussin pour poser la tête, un tabouret pour fixer le gode-ventouse.

Les personnages sont au nombre de trois : deux femmes et un homme. Le couple photographié en jaquette ne se retrouve pas dans le dvd. Les scènes montrent un couple homme-femme pour l’utilisation d’un cockring par exemple. Le plus souvent, ce sont des scènes où une femme seule joue avec ses godes tous plus laids les uns que les autres. Il y a même eu un gode d’un tel gabarit que nous nous sommes demandés si elle allait réussir à l’enfiler. Réponse : non, elle s’est caressée avec et a renoncé à le mettre en place. Le double-dong a été l’occasion d’une scène où les deux femmes se retrouvaient fesses contre fesses. L’homme a eu droit à quelques scènes avec un fleshlight et une poupée gonflable qui ouvrait une bouche béate. La poupée gonflable a eu son pendant masculin. Il fallait tenir le zob de la poupée en place car il semblait vouloir se coucher. Enfin, une scène à trois nous a bien fait rire avec les doigts chinois : l’homme commençait par caresser une femme avec ce doigt, puis en met un deuxième. Allait-il l’enfoncer ailleurs ? Non, une deuxième femme est apparue. Heureux homme qui a dix doigts, il pourrait avoir dix femmes.

Certains sextoys nous ont beaucoup étonnés car on ne savait pas ce que c’était, comme cette sorte de petite chose probablement vibrante glissée dans le préservatif. Cela devait s’utiliser, à une autre époque…

Intérêt du dvd nul.

Ou alors un intérêt historique, sociologique, un dvd à regarder pour comprendre ce qu’utilisaient nos ancêtres.

Je reviens à la présentation de la jaquette. Je n’ai toujours pas compris sa signification : hameçon pour attirer le chaland sans doute.


Les Amazones

Pas d’homme, c’est le paradis : pas de nuisette noire qui gratte, on peut regarder Angélique et le roi pour la dixième fois en dix jours en pleurant à chaudes larmes et se gaver de confiseries sans se soucier de prendre du poids. Telle est la vie dans la roulotte des amazones, trois amies ayant dépassé la quarantaine, célibataires malgré elles : Martine, la bobonne dont le mari a fichu le camp avec une jeune femme qui a la moitié de son âge (surnommée la pouffiasse et autres gentils petits noms), Micky, la femme active, dirigiste, qui fait peur aux hommes et la mythomane Aline pour qui tous les hommes sont amoureux d’elle, licenciée du club Med après avoir parcouru la terre entière.

Trois femmes dans un appartement mènent donc joyeuse vie, l’amitié valant mieux que leur vie de misère. Un homme est toléré : l’étudiant homosexuel qui sous-loue la chambre de bonne. Mais en arrive un autre, jeune homme au t-shirt moulant sur des plaques de chocolat, fils d’une amie venu en vacances pour une quinzaine, pour que l’équilibre se brise et se rompt l’amitié…

Fiche du dvd :

Les amazones, une comédie de Jean-Marie Chevret avec Sonia Dubois, Fiona Gélin, Chantal Ladesou, Olivier Bernard, Aurélien Wiik, mise en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Mace, décors de Patricia Rabourdin, lumières d’André Borrel, costumes de Catherine Duplessis, musique originale d’Hervé Devolder, réalisation de Jean-Philippe Viaud, producteur délégué Denis Morlière.

Le célibat à la quarantaine. Une liberté ? un vrai choix ? ou les conséquences inévitables d’erreurs passées.

Trois égratignées de la vie, Annie, Micky et Martine, cohabitent chez cette dernière pour atténuer les effets angoissants d’une jachère à la moitié de leur existence. C’est le bonheur ! Elles revivent leur adolescence dans cet appartement rebaptisé « la roulotte des Amazones » jusqu’au moment où débarque Guillaume, le fils d’une vieille copine, pour les vacances. Il va vite devenir la proie d’un safari « d’invendues » faisant voler en éclat les bonnes résolutions des Amazones…

Spectacle enregistré au Théâtre Rive Gauche.

Durée : 1h20 environ.

Cette pièce de théâtre qui interroge les relations hommes-femmes et l’amitié entre copines est hilarante, bourrée de répliques toutes plus drôles les unes que les autres.
A votre avis, que deviendra Guillaume, la proie des invendues ? Et ces amazones pourront-elles reprendre une cohabitation joyeuse ? Je ne fournirai aucune réponse à ces questions. La pièce vaut le détour, à vous de la découvrir.


Lap dance et jeux de rôle par Carmen Electra

Mon mari m’a un jour filmée en train de faire un strip-tease. J’ai regardé l’enregistrement. Effarée. « Et ça réussit à t’exciter, ça ? » Les voies de l’érection étant impénétrables, j’ai renoncé à comprendre. Mais pas à réaliser un strip-tease aussi sublime que les effeuillages sophistiqués de Dita Van Teese. Reste à savoir comment faire pour améliorer une prestation complètement nulle et devenir experte en la matière. Sans cours collectif dans une salle de gym avec miroir réfléchissant mon incompétence. La solution était à portée de clic, amazon m’a fourni la réponse : le dvd de lap dance et jeux de rôle de Carmen Electra.

Je me suis donc offert un cours à domicile sur mon ordi (parce que seul lecteur dvd que nous possédons) avec la talentueuse Carmen et ses deux tenues : la bibliothécaire portant chignon retenu par un crayon, lunettes et foulard et l’androgyne à chemise d’homme, cravate et chapeau. Je me voyais mal jeter les seules lunettes que je possède et j’ai les cheveux trop courts pour faire un chignon. Par contre, j’adore endosser les costumes d’homme et j’aime tout particulièrement les chapeaux. D’ailleurs la chorégraphie me plait davantage : monsieur sera installé sur une chaise pendant que je lui ferai mon numéro. Je le frôlerai, le chevaucherai… J’aime maîtriser la situation, ce rôle est pour moi.

Le dvd, sorti en 2007, dure 50 minutes. Il s’agit de deux chorégraphies élaborées par Robin Antin, fondatrice des Pussy cat Dolls, avec une partie fitness réalisée par Nick Carsson spécialiste fitness pour les télévisions américaines. Voici pour les cautions du sérieux du cours proposé. Comme il s’agit réellement d’un cours, les enchaînements sont appris morceaux par morceaux et répétés devant nous. Il suffit de suivre le professeur et de bien apprendre sa leçon.

Ne vous attendez pas à un effeuillage complet. Le premier jeu de rôle consiste à ôter lunettes, foulard et chignon, mais attention, de la façon la plus aguicheuse qui soit. Pour la petite robe, les escarpins et les sous-vêtements, débrouillez-vous. La robe me semble pourtant nécessiter plus d’un entraînement avant de réussir à l’ôter de manière naturelle et élégante…

La deuxième chorégraphie montre comment ôter la cravate, la chemise et le chapeau. Quid des bottes, des sous-vêtements ? Il ne nous en est rien dit. Carmen Electra conclut en disant que le reste nous appartient. Soit, mais un brin d’exercices sur « ôter son soutien-gorge sans être ridicule » m’aurait bien aidée. Faut-il compter sur une irrépressible pulsion qui jetterait monsieur sur moi ? Il faudra.

Un peu d’entraînement est nécessaire pour parvenir à une chorégraphie impeccable (ou presque, parce que, j’avoue, j’en suis encore loin). Mais même avec ses quelques défauts, mes enchaînements ont été particulièrement appréciés de monsieur. Qu’avais-je à m’en faire pour dégrafer mon soutien-gorge  ?

Texte écrit pour les « actus » du site Internet de Sensuelle.


Girlfriends, Obsessions cachées 1 & 2

Avant que la rubrique cinéma n’existe au club des sens, il y avait une discussion ouverte sur des films esthétiques, sensuels, que l’on pouvait regarder en couple. C’est dans cette conversation à laquelle j’ai participé pour solliciter des avis puis en émettre quelques uns que le nom d’Andrew Blake m’est apparu pour la première fois. Le film encensé était Girlfriends, d’un esthétisme rare.J’ai d’abord lu cette très bonne analyse du film. Excellente même. Mais outre le fait qu’il n’y a que des scènes lesbiennes, ce qui ne me tentait guère, la référence au macabre ne m’encourageait pas à voir ce film. Mon mari ayant un avis un peu différent sur la question, nous avons donc quand même vu ce Girlfriends.Mon avis assez concis, noté dès le lendemain, donnait ceci :« J’ai failli m’endormir. Et d’ailleurs, je n’ai vu qu’une heure de film, ne pouvant plus supporter la suite. C’est lassant, toutes ces femmes… J’admire leurs tenues, coiffures, leurs ongles impeccables (il ne faut rien faire de sa journée pour pouvoir garder d’aussi beaux ongles), leur souplesse. Leurs déhanchements sont chorégraphiques. Voilà les points positifs.Les points négatifs : la musique digne d’un ballet de sorcières un soir de sabbat, le noir omniprésent (je n’aime pas la lingerie noire), les regards adressés systématiquement à la caméra qui m’ont vite agacée, le maquillage outrancier, la déshumanisation des personnages (on dirait des poupées de cire pour certaines, leur blancheur contrastant avec le teint plus coloré d’autres femmes ou encore des pantins qui se désarticulent ou des marionnettes aux mains des autres), les pieds (quand ils sont sur des échasses, c’est joli, mais des pieds léchés, je ne vois pas l’intérêt), les bouches constamment ouvertes, et surtout cette horreur dont je ne supportais pas la vue : les marques de rouge à lèvres sur une poitrine.
Bref, je n’ai pas aimé, même si je veux bien admettre que le film est particulièrement soigné, esthétique, etc. »

Les scènes sont répétitives et l’absence de trame narrative, de lien entre ces scènes m’a profondément gênée.

Je ne dois pas être rancunière, mon mari a trouvé Obsessions cachées du même Andrew Blake. Avec la garantie de voir enfin des scènes hétérosexuelles, je me suis laissée convaincre de voir ce film.

Obsessions cachées (Hidden obsessions) m’a semblé moins terne. Il n’était pas d’un esthétisme outrancier comme Girlfriends, la présence d’hommes le rendait plus sympathique -même si des scènes lesbiennes existaient également, de même que des scènes de masturbation féminine-, il y avait une trame de fond : une femme devait écrire, à la demande d’un homme mystérieux des nouvelles érotiques (ou plutôt pornographiques). Ces nouvelles faisaient l’objet de petites scénettes qui trouvaient naturellement leur place lorsque la femme écrivait ou lisait ses textes. Pas de dialogue superflu, le récit se fait à la troisième personne. Le film se conclut par la découverte par cette femme qu’elle ne souhaitait plus écrire ce type de scènes mais les vivre (nous ne la voyons à l’œuvre dans le film qu’à travers une scène de masturbation, allongée au bord d’une piscine, avec son ordinateur portable à portée de main).

On ne peut pas dire que j’ai aimé le film. Je déteste toutes les scènes d’éjaculation au plus haut point et je me demande quand la loi du genre pourra être modifiée. Y a-t-il seulement un film pornographique qui ne présente pas ce passage laid, dégradant, stupide ? Oui, Girlfriends… Pas d’homme, pas d’éjaculation.

Dans l’ensemble, par rapport à d’autres films, Obsessions cachées n’était pas si mal.

Hier soir, nous avons vu Obsessions cachées 2 (Sensual Exposure). J’ai aimé le film, malgré les quelques petits défauts que je lui trouve. C’est en tout cas avec mes critères le meilleur film des trois.

Kelly, jeune femme sublime aux cheveux d’ange -mais je me laisse emporter, je crois que la beauté du film tient surtout en sa présence-, est attendue dans un château. Son amant l’envoie découvrir un univers qui transpire de sensualité. La jeune femme se promène alors dans ce château et dans son parc, découvrant d’une pièce à l’autre des scènes plus étranges les unes que les autres avec un fond musical que je trouve parfaitement adapté. Kelly s’interroge sur la mise en scène de ces fantasmes, ses impressions premières se muent. Elle participe elle-même à une scène où elle s’offre au regard des autres locataires du château puis à une autre où un inconnu l’attend dans une chambre et filme leurs ébats. Après ce séjour, Kelly retourne dans les bras de son amant et prend la décision de le quitter. Elle refuse tout lien et se sépare de celui qu’elle ne pensait jamais pouvoir abandonner pour vivre à nouveau les expériences du château.

Comme toujours, et peut-être même davantage que dans Obsessions cachées premier du nom, les décors ont une place prépondérante : luxueux escalier, pièces savamment meublées et décorées. Les costumes sont sophistiqués : robes transparentes, alternance des coloris, lingerie à se damner et chapeaux époustouflants. Chaque scène est prétexte à de nouvelles tenues.

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Le site nu érotique présente tout à fait judicieusement les films d’Andrew Blake : « Si vous n’avez encore jamais vu de film d’Andrew Blake, voici quelques lignes qui vous donneront une idée de l’ambiance qui s’en dégage…. Les scènes se passent souvent dans des châteaux ou villas. […] Les costumes sont magnifiques, porte-jarretelles, corsets et serre-tailles, dentelles et talons aiguilles, cravache et tenues de soubrettes. Le tout sur une douce musique éléctro ambiante et pas de dialogues niaiseux style films X… juste des scènes de caresses terriblement excitantes filmées au ralenti, préliminaires entrecoupés de passages SM soft (fessées…). »

Le style « Andrew Blake » est facilement reconnaissable, il est fait de raffinement.

Le mot de la fin emprunté à nu érotique : « Andrew Blake ne peut pas séduire tous les amateurs de films X, c’est normal puisqu’il est différent des autres. Même si certains le trouvent ennuyeux, on ne peut pas lui enlever son talent. Une chose est sûre : pour lui, la femme est un objet précieux, et ses films sont les plus beaux écrins qu’il puisse lui offrir. »


The good girl

Suite à la lecture d’un article « The Good girl, un film porno pour les femmes ? » du site Roomantic, et après avoir visionné ce court-métrage d’Erika Lust, je me suis demandée ce qui différenciait un film porno dit « pour femmes » d’un film porno classique et si finalement, The good girlétait ou pas un bon film.The good girl fait partie d’une compilation de courts-métrages intitulée Five hot stories for her de Lust films of Barcelone. Le titre ne trompe pas, la cible est féminine.

The good girl est ainsi présenté : « In THE GOOD GIRL we meet Alex, a high-powered exec who spends plenty of time thinking about sex yet rarely acts upon her desires and never takes the initiative… until now. »

Now, c’est le maintenant du film (entièrement en anglais malheureusement pour moi qui ne comprends pas tout, loin de là, mais heureusement, un film porno peut se passer bien souvent de paroles.)

Alex supporte difficilement les bavardages téléphoniques d’une amie qui raconte ses exploits sexuels avec son prof de yoga et attend sa pizza. Ah, le livreur ! Tiens, justement, il sonne juste quand elle sort de la douche, enveloppée dans une grande serviette. Mais la suggestion n’est pas assez forte : arriver couverte de la serviette, ruisselante, prendre son temps pour chercher sa monnaie tout en se baissant pour que le livreur ait une vue plongeante, voire laisser par mégarde la serviette tomber un peu avant de la rattraper tout en disant « sorry ! », les messages étaient bien là. Mais le livreur pense à sa pizza, c’est un professionnel. Il part donc. Alex est désespérément seul. Aussi quand le livreur réapparait se jette-t-elle sur lui. Le livreur n’a pas dû comprendre pourquoi. Le message n’était pas suffisamment clair. Elle a donc laissé tomber la serviette. A ce moment-là de l’histoire, il a compris. Et moi aussi, je commence à mieux comprendre parce qu’ils ne parlent plus (ne l’oubliez pas, jusque-là, ils parlaient en anglais). Ensuite, tout s’enchaîne classiquement, ils se retrouvent sur le lit, en dehors du lit, de retour sur le lit, au-dessus, en dessous, c’est une chorégraphie.

Maintenant que vous avez un aperçu de l’histoire, pourquoi est-ce du « porno pour femmes » ?

Le film fonctionne sur le mode de l’attente, et c’est toute la trouvaille qui en fait peut-être un film « pour femmes », d’après l’idée selon laquelle une femme réagit davantage à la suggestion, a besoin de faire travailler son imaginaire. Ce qui n’est pas faux.
On ne voit pas exactement ce qu’il se passe avec le professeur de yoga. Quelques gestes qui accompagnent la respiration de l’amie d’Alex, et c’est tout. On imagine la suite.
Alex fantasme sur les livreurs de pizza, mais tout se tient dans sa tête. Jusqu’au moment où elle passe à l’acte, bien sûr.
Et même… le passage à l’acte est momentanément frustrant. Alex est nue sur son lit, pas le livreur. Après quelques minutes, je commençais à trépigner d’impatience : « Tu crois qu’il va finir par sortir son zob de sa cachette ? » Monsieur, pas plus intéressé que ça par la question, a dévié le propos : « Je peux te montrer le mien si tu veux. » Hors de question, je veux voir la suite du film ! Pousse-toi de l’écran ! Mais ouf, le zob finit par se montrer (celui du livreur) et le film pornographique a repris ses droits.

Néanmoins, tout n’est pas absolument montré en pleine lumière. Choix d’une lumière tamisée, on voit des ombres, on devine les formes. Pas de gros plan en permanence non plus. Même si l’acte sexuel est clairement montré, il joue parfois de suggestion.

Autre critère qui me semble important de souligner : un brin de tendresse. Pas des masses, surtout lors de l’éjaculation faciale (qu’est-ce qu’elle vient faire là ?! Laissez-vous un livreur qui vous monte dessus éjaculer sur votre figure ?!), mais hormis ce passage totalement à côté de l’idée que l’on pourrait se faire d’un film porno « pour femmes », un instant (juste deux secondes) de tendresse à la fin de l’acte sexuel. C’est toujours mieux que rien.

Le court-métrage se termine. The good girl est-il un good film ? Difficile de répondre. Il est moins nul que beaucoup, mais il y a encore des progrès à faire en la matière.

« Dis, tu me le montres maintenant ? » Apparemment, il est trop tard, monsieur est vexé et a sommeil.
Pour accepter ce revirement de situation, il faut vraiment que je sois une bonne fille.

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Si vous souhaitez vous faire votre propre idée de cette oeuvre pornographique d’Erika Lust, il est à présent possible de la télécharger gratuitement (et légalement bien sûr) si vous vous abonnez à une newsletter sur cette page. Je précise que l’e-mail que vous fournissez doit être valide puisque vous devez confirmer votre abonnement avant de pouvoir télécharger The good girl.


Aphrodisia

Aphrodisia peut être une série télévisuelle de 1995 diffusée sur M6, ce n’est pas ainsi que je l’ai connue. Normal, pour ceux qui commencent à cerner le personnage, vous retrouverez mon aversion globale pour la télévision, ma méfiance, mais aussi tout simplement mon ignorance. Sex and the city, connais pas. Desesperate housewivesnon plus. Et vous pouvez continuer ainsi, la liste sera longue et mon ignorance totale. En 1995, j’avais le bac en poche et plein d’idées en tête, Julia Chanel et Laure Sainclair étaient des inconnues (ce qui ne semble pas le cas de monsieur : « oui, j’avais un jeu avec elle -je ne sais plus de laquelle il me parlait-, on entrait dans des pièces et on regardait des vidéos pornos ». Ses souvenirs d’adolescent m’amusent toujours.)Quatre-vingt épisodes, rien que ça ! Et sur ces quatre-vingt, cinq sur un dvd intitulé Aphrodisia, les voies du désir. Avec un titre pareil, et malgré mon aversion pour la télévision et M6, j’ai pensé jeter un œil.Le résumé tout d’abord : « Pour ces jeunes femmes sensuelles en quête de plaisirs charnels, les voies du désir sont nombreuses : que ce soit au bureau, au hammam ou dans une chambre d’hôtel, ces femmes verront tous leurs fantasmes assouvis. » Ce serait, je cite : « Les plus beaux films érotiques de la mythique série Aphrodisia« .Une durée de 87 minutes, à répartir inégalement entre les épisodes :- Les voies du désir (25’)
Les dames du Hammam (13’)
Sophie femme d’architecte (25’)
Les choix de Maïlis (12′)
La veuve noire(12′)Il s’agit d’érotisme, pas de pornographie. Nous voyons très subrepticement quelques poils publiens de la dame (ne me demandez pas de laquelle… s’il faut en plus que je les identifie !), mais surtout pas le pénis du monsieur, les hommes font l’amour en culotte. Le torse, ce n’est déjà pas si mal (voire une paire de fesses dans Les choix de Maïlis, cequi a valu une exclamation de la part de monsieur et une approbation de ma part). Et des poitrines plus rembourrées que la mienne à tout va. Le dvd est interdit aux moins de 16 ans.Que racontent ces historiettes ? Pas grand chose. Des histoires de nénettes comme dirait mon mari : reconquête d’une femme/d’un mari, réminiscences d’amours perdues ou choix d’un hypothétique avenir, vengeance d’une femme. L’historiette est réduite au minimum, prétexte à se dénuder, à se souvenir d’autres moments où soi-même ou un(e) autre était dénudé(e), le tout dans un flou artistique, souvent dans l’obscurité. Ne montrons rien de cru, des caresses sur une poitrine sont un summum, voire une main qui s’aventure où l’on ne voit rien. Cela soupire, sourit mais cri assez peu, les scènes sont hachées, l’acte sexuel n’est montré (ou plutôt suggéré) qu’en son commencement. Dans deux épisodes, les dames du Hammam et Sophie femme d’architecte, deux femmes se caressent mutuellement, hésitantes. Ces scènes me semblent pathétiques.